La Gazette
Hebdo #11
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05 ‱ Fev ‱ 26

Employée de l'année 2025 :
Dr. Merveille MOUNGA MBASSI

« La meilleure façon d’aider, d’aimer et de servir les gens, c’est de les soigner »

C’est dĂ©jĂ  ce que le Dr. Merveille se disait depuis petite en grandissant dans les jupons de sa tante Monique Mbounja, hĂ©pato-gastroentĂ©rologue autour de qui toute la famille semblait naturellement pivoter, et en passant ses vacances dans les bureaux du Dr. Halima, pĂ©diatre et ancienne directrice de l’hĂŽpital Paul Igamba. Deux figures qui l’inspirent Ă  18 ans, Ă  ne pas choisir la prudence. En effet, quand l’office du Bac lui demande deux choix d'orientation, elle n’écrit qu’un seul mot : "MĂ©decine". Pas de plan B, pas de filet de sĂ©curitĂ©. Le destin n'avait qu'Ă  bien se tenir.

Le syndrome du 5 étoiles

Dr. Merveille est encore interne en 7Ăšme annĂ©e Ă  l’UniversitĂ© de SantĂ© et des Sciences de Libreville. Elle connaĂźt le Dr. Simon, premier gĂ©nĂ©raliste au CDL avec qui elle a connu l'urgence austĂšre du CHUL. Lorsqu’elle arrive au Centre, elle regarde autour d'elle, complĂštement surprise : "Euh, je me suis trompĂ©e d'adresse, ça c'est un hĂŽtel, pas un hĂŽpital !“ Dans les couloirs, les murmures des anciens sont cruels et la confiance des supĂ©rieurs difficile Ă  gagner. Elle se demande si elle tiendra. En effet, le palace mĂ©dical a ses exigences qui auraient pu la briser, mais c'Ă©tait mal connaĂźtre la femme cam qui, Ă  7 ans, avait promis Ă  sa mĂšre malade : "La prochaine fois qu’on devra t'opĂ©rer, c'est moi qui le ferai."

Un jour, une visite à domicile. Un patient. Un diagnostic qu'elle pose avec assurance. Le radiologue n'est pas d'accord. Dr. Merveille tient bon : « Jusqu'à preuve du contraire, c'est ça. » On fait l'examen. Elle avait raison. Ce jour-là, les regards sur elle changent, la petite interne vient de prouver qu'elle a du flair médical, du courage intellectuel, et surtout : elle ne plie pas sous la pression.

La femme-orchestre des urgences et de l’administration

TrĂšs vite, le Dr. Merveille devient le Dr. Multitask. Comptable improvisĂ©e Ă  l’accueil entre deux consultations quand les files s’allongeaient, architecte du Call Center qu’elle a montĂ© de zĂ©ro (sans savoir ce qu'Ă©tait un Call Center), mĂ©dĂ©cin de la conciergerie, meilleure formatrice des agents d’Accueil et Facturation en duo avec Mme Diane. Et ensuite le dĂ©fi ultime, MĂ©decin Chef : « Recadrer ses aĂźnĂ©s ou un spĂ©cialiste quand on est gĂ©nĂ©raliste, c'est du sport extrĂȘme », confie-t-elle.

Elle qui ne savait mĂȘme pas vraiment utiliser un ordinateur Ă  son arrivĂ©e se retrouve Ă  jongler entre Excel, les process, les protocoles, la gestion d'Ă©quipe, et parfois... soulever des fauteuils pour amĂ©nager des salles et refaire la dĂ©co « Parce que quand quand on croit Ă  un projet, on ne fait pas semblant. »

Le départ qui serre la gorge

Si elle nous quitte aujourd'hui, ce n'est pas par lassitude. C'est par fidĂ©litĂ©. FidĂ©litĂ© Ă  cette petite fille de 7 ans qui voulait rĂ©parer les corps de ses mains. Dr. Merveille s'envole pour l’UniversitĂ© de ThiĂšs au SĂ©nĂ©gal pour devenir Chirurgienne Digestive et laisse derriĂšre des Ă©quipes qu’elle a formĂ©es, des projets qu’elle a portĂ©s, des vies qu’elle a touchĂ©es. « Partir est une dĂ©chirure, mais c'est le prix de l'excellence. »

Ses messages aux équipes

- Aux soignants et à toute l'équipe : « Brillez non pas par ce que vous dites, mais par ce que vous faites. Traitez chaque patient comme un membre de votre propre famille. »

- Aux infirmiĂšres : « Soyez plus soudĂ©es. Le temps pour les petites guerres, on ne peut pas le trouver ici, parce que le travail que nous faisons est TROP important. Â»

- À Dorincia, Erica, Waridath : « Mes enfants. » (Point final. Pas besoin d'en dire plus.)

- Aux majors CĂ©lia et Nancy : « Vous vous ĂȘtes beaucoup battues et j’ai beaucoup admirĂ© votre professionnalisme. Reprenez plus d’initiatives, quand on est destinĂ© Ă  briller, il ne faut pas se cacher. Â»

- À Stely, son enfant terrible : Â« Tu sais que j’ai souvent envie de talocher. Tu as le coeur, tu as le talent. Mais le jour oĂč tu apprendras enfin Ă  dire non, la meilleure version de toi tu deviendras. Je l’ai moi-mĂȘme fait, et j’en suis plus grande aujourd’hui. »

- À Mme Diane : Â« Ma ceinture que j’attrapais toutes les fois oĂč j’ai failli glisser. Merci pour tout. »

- À M. Micha et Ă  la direction : « Merci pour vos oreilles attentives. GĂ©rer nos Ă©motions et nos problĂšmes n’était pas une tĂąche facile. »

- Au Dr. Yanet : « Vous avez tout. Vous savez parler, tenir tĂȘte et votre personnalitĂ© est solaire. Vous ferez de grandes choses pour le CDL, qui est trĂšs chanceux de vous compter parmi ses mĂ©decins. »

- Au Dr. Michelle : « Tu es de loin la personne dont je suis la plus fiĂšre. C’était difficile au dĂ©but, mais tu as tenu bon. Reçois mes fĂ©licitations et ma sincĂšre admiration. »

- Au Dr. Akewa : « Je me souviens de la phrase que vous me rĂ©pĂ©tiez sans cesse : “Quoi, parce que tu gagnes un peu d’argent lĂ , tu ne veux plus soutenir ?” Vous m’avez renvoyĂ© sur les bancs de ma soutenance. Merci de m’avoir toujours poussĂ© Ă  faire et Ă  devenir plus. »

- À M. Olympio : « Si on m'avait dit que je serai devenu mĂ©decin chef un jour, j'aurais rigolĂ©. Mais vous avez vu mon potentiel. Il n’y a aucun endroit dans ce monde oĂč je porterais ma blouse et je ne vous serais pas reconnaissante pour tout ce que je suis devenue, grĂące Ă  vous. Merci. »

Notre message au Dr. Merveille

Dr. Merveille, employĂ©e de notre annĂ©e 2025, vous ĂȘtes arrivĂ©e en pensant entrer dans un palace, vous repartez en ayant construit une maison. Vous avez Ă©tĂ© le cƓur battant de ce centre qui a grandi avec vous et vous resterez gardienne de notre idĂ©al : la mĂ©decine comme acte d’humanitĂ©.

Ces 5 derniĂšres annĂ©es, vous avez illustrĂ© l'art du management et de l'affirmation de soi que la facultĂ© n'enseigne pas. Ce qui nous restera, c’est votre incroyable rĂ©silience, cette force titanesque que vous avez dĂ©ployĂ© pour endosser les rĂŽles difficiles et rester solide malgrĂ© les doutes et les tempĂȘtes.

Aujourd'hui, nous l'affirmons : Vous avez marqué l'histoire du Centre Diagnostic. Vous incarnez notre définition de la réussite. Votre départ est un phare qui, nous l'espérons, inspirera ceux qui restent à viser l'excellence et à continuer d'apprendre.
Ici, on honore ceux qui se battent. Et vous ĂȘtes une guerriĂšre. Merci pour tout.

« Je n’oublierai jamais », avez-vous promis. ‹
Nous non plus.
Alors, allez y et devenez ! 
Le Lexique de la semaine
La surchage cognitive
du patient
Un obstacle invisible à l'adhésion thérapeutique

Les professionnels de santé font souvent face à ce paradoxe : un patient attentif, qui valide les explications en consultation, mais qui rappelle le standard 15 minutes plus tard ou commet des erreurs dans son traitement une fois rentré chez lui. Ce phénomÚne n'est pas un défaut d'écoute, c'est une limite physiologique appelée la surcharge cognitive du patient.

De quoi s'agit-il ?

La mĂ©moire de travail d'un ĂȘtre humain a une capacitĂ© limitĂ©e (on estime qu'elle ne peut traiter que 3 Ă  5 nouvelles informations Ă  la fois). Chez un patient, cette "bande passante" est largement occupĂ©e par des facteurs parasites : l'anxiĂ©tĂ© du diagnostic, la douleur physique, ou le stress financier. 

Quand vous arrivez avec un jargon mĂ©dical, des ordonnances et des conseils rapides, c’est comme essayer de tĂ©lĂ©charger un fichier de 1 Go sur une connexion qui rame. RĂ©sultat ? Erreur systĂšme. Le patient perd le fil, et par rĂ©flexe de dĂ©fense ou par honte, il acquiesce pour mettre fin Ă  l'interaction qui le sature.

La bonne pratique Ă  adopter au CDL

Pour contourner ce biais, adoptons deux réflexes simples :
‱ Prioriser : Ne donner que les 3 informations vitales pour les prochaines 24h (le reste peut ĂȘtre Ă©crit).

‱ Le "Teach-Back" (La reformulation) : Au lieu de demander "Avez-vous compris ?", invitez le patient Ă  s'approprier l'information : "Pour ĂȘtre sĂ»r que j'ai Ă©tĂ© clair, pourriez-vous me dire comment vous allez prendre ce mĂ©dicament ce soir ?"
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CDL Inside
Santé du personnel
AFI : Ça dĂ©colle ! đŸ›«đŸ„
Ce mercredi a marquĂ© le coup d'envoi des sĂ©ances d'information sur le projet AFI animĂ©es par M. Alain Cafieri. Vous Ă©tiez environ 25 collaborateurs rĂ©unis pour Ă©changer sur ce nouvel abonnement santĂ©. MalgrĂ© un dĂ©marrage timide, la session a donnĂ© lieu Ă  des questions pertinentes et des Ă©changes constructifs sur votre bien-ĂȘtre.

Vous avez manqué cette session ? Des permanence de rattrapage sont prévues ce jeudi et vendredi pour ceux qui n'ont pas pu se libérer. Notez bien les prochains rendez-vous :

Quand ? Jeudi 5 et Vendredi 6 février.
Heure : 16h45 précises.
Lieu : Salle d'attente du G2.

💡 Focus SpĂ©cial Vendredi : La sĂ©ance de vendredi sera particuliĂšrement importante car nous y dĂ©voilerons la formule proposĂ©e en dĂ©tail.
Agenda
âšœ  RENDEZ-VOUS FOOT ! âšœ
Ce samedi 7 fĂ©vrier, c’est notre Ă©quipe CDL FC qui entre en scĂšne pour un match trĂšs attendu face Ă  l’équipe des informaticiens BS Gabon.

⏰ De 14h à 16h
📍 Au Classico du Tsunami
Du jeu, de l’intensitĂ©, de la fiertĂ© et surtout l’honneur Ă  dĂ©fendre. Venez nombreux soutenir CDL FC, parce qu’une Ă©quipe joue mieux quand elle sent les siens autour d’elle đŸ’Șâšœ
Text
JournĂ©e internationale de tolĂ©rance zĂ©ro Ă  l’égard des mutilations gĂ©nitales fĂ©minines đŸš«âœ‚ïž
Santé des femmes, droits humains, santé sexuelle et reproductive.
06 FÉVRIER
JournĂ©e mondiale contre le harcĂšlement scolaire 🚾🛑
SantĂ© mentale, bien-ĂȘtre des enfants et des adolescents.
07 FÉVRIER
JournĂ©e mondiale des malades đŸ€’â€ïžâ€đŸ©č
Soutien aux personnes malades, aux soignants et au systÚme de santé (initiée par le pape Jean-Paul II).
11 FÉVRIER
đŸ„ł Place aux annivers’heureux !
Entre le 4 et le 11 fĂ©vrier, naissent de drĂŽles de prophĂštes en Wi-Fi : connectĂ©s Ă  des frĂ©quences cĂ©lestes que le commun des mortels ne capte pas. Visionnaires incompris le matin, gĂ©nies reconnus l’aprĂšs-midi, ils ont le plus souvent 86 projets en cours, zĂ©ro patience pour la mĂ©diocritĂ©, et cette manie agaçante d'avoir raison trois ans Ă  l'avance. 
Lorsqu’on leur dit « impossible » ? Ils entendent « challenge acceptĂ© ». Traditionalistes, rĂȘveurs pragmatiques, humanistes de coeur et rebelles mĂ©thodiques, avec eux soit on rigole fort, soit on rĂ©flĂ©chit longtemps — parfois les deux en mĂȘme temps. Ils dĂ©testent qu'on leur dise quoi faire, mais ils adorent dire aux autres comment mieux faire en crĂ©ant des process pour que tout le monde suive leurs idĂ©es de gĂ©nie. Ils sont l’ouragan qu’on applaudit en pleurant.
On les adore, on les craint, on ne les comprend pas toujours
 mais on sait qu'un jour, ils changeront le game. Et eux ? Bah, ils le savent depuis qu’ils ont 5 ans. 

Joyeux anniversaires à vous ! 🎂
‱ Elvis Tyl SESSINOU
05 FÉVRIER

‱ Matou THIOUNE
09 février

‱ Saleh Curtis BEKALE HARB
10 FÉVRIER
Actualités
d'ici et d'ailleurs
Gabon. La caisse d’assurance malade, la santĂ© des affiliĂ©s en pĂ©ril
Des impayĂ©s de 7 Ă  8 milliards de FCFA envers les pharmaciens, des pĂ©nuries de mĂ©dicaments et des conflits de gouvernance paralysent la CNAMGS, privant ainsi prĂšs de 40 % de la population gabonaise d’accĂšs aux soins.
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La prise de certaines décoctions ou tisanes pour permettre la dilatation du col de l'utérus et assurer la régularité des contractions est trÚs répandue aujourd'hui dans nos pays en Afrique.
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Le bon réflexe
Le protocole est un cadre, pas une armure. Il sĂ©curise les pratiques, aligne les Ă©quipes et rĂ©duit le risque d’erreur, mais penser reste une compĂ©tence clinique. AppliquĂ© mĂ©caniquement, il peut rassurer sans rĂ©ellement soigner. Le discernement reste indispensable pour adapter la rĂšgle Ă  la situation, Ă  la personne, et au contexte rĂ©el du soin.
Le saviez-vous ?
Aucune religion ne prescrit la mutilation gĂ©nitale fĂ©minine. Ni l’islam, ni le christianisme, ni le judaĂŻsme. N'apportant aucun bĂ©nĂ©fice mĂ©dical, elle est classĂ©e comme violation des droits humains par l’OMS. La douleur est censĂ©e prouver la capacitĂ© d’une fille Ă  “supporter la souffrance”. Si rien ne change, prĂšs de 68 millions de filles risquent encore la MGF d’ici 2030.




"GuĂ©rir une personne sans soigner sa dignitĂ©, c’est la laisser malade autrement."

— Desmond Tutu
 
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